Transcription fluide V2 — Replay 2 Coaching Week NEUROSAGESSE™
Source : https://yognnatura.systeme.io/replay2
Note : cette V2 est une réécriture lisible issue de la transcription automatique. Elle conserve le contenu et les idées principales des vidéos, mais retire les hésitations, répétitions, erreurs évidentes de reconnaissance vocale et formulations trop brutes pour rendre la lecture fluide.
Partie 1 — Témoignage, coaching court et posture d’accompagnement
Introduction
Le début de cet extrait contient quelques ajustements techniques liés au replay et à la reprise du direct, puis la conversation reprend autour d’un témoignage. L’échange met en lumière la diversité des profils, l’importance de l’expérience vécue dans le parcours de coaching, et la manière dont chacun peut trouver sa juste posture.
Reprise du direct et ajustements techniques
Au moment de reprendre, il y a un petit flottement technique. Les participantes se saluent, vérifient qu’elles sont bien toutes les deux présentes, et constatent que certaines personnes ne reviendront peut-être pas immédiatement dans le direct. Ce n’est pas très grave : la suite du témoignage sera quand même disponible, probablement dans un second replay.
Il est question de quelques problèmes de paramétrage du webinaire, de fonctions qui ne se désactivent pas forcément comme prévu, malgré des modifications faites en amont par l’équipe. Normalement, tout aurait dû être propre et fluide, mais il reste manifestement quelques ajustements techniques.
Ce qui compte surtout, c’est de pouvoir continuer le témoignage, parce qu’il apporte quelque chose d’important : il montre la variété des profils. Dans le monde professionnel, cette diversité n’est pas toujours exprimée, et ce n’est pas forcément la population la plus visible ou la plus représentée. Pourtant, c’est précieux de voir qu’il existe plusieurs manières d’entrer dans ce type de parcours.
Le souvenir du forum et du coaching en format court
La discussion revient ensuite sur un moment vécu lors du forum de l’entrepreneuriat. Ce qui avait marqué, c’était notamment la proposition faite autour du coaching, et en particulier la possibilité de montrer qu’un accompagnement peut aussi se faire dans un format court, presque “fast”, tout en restant profond.
Ce souvenir a laissé une vraie trace. Dans un contexte d’entreprise, il n’est pas toujours possible de mobiliser les personnes sur de longues durées. On peut avoir besoin de formats courts, efficaces, capables d’aller à l’essentiel. Bien sûr, il ne s’agit pas seulement de faire court pour faire court : il faut un processus, des étapes, une structure. Mais l’idée est qu’en une durée limitée, on peut quand même enclencher quelque chose.
Lors de cet événement, les créneaux duraient environ trente minutes. Et en trente minutes, il s’était passé beaucoup de choses : de la régulation, de l’activation, de la libération. Les personnes repartaient avec quelque chose de concret, parfois même avec une action précise à mettre en place. C’était fort, parce que cela montrait qu’un espace court pouvait quand même toucher juste, générer des émotions, et permettre une vraie transformation.
Ces moments en présentiel ont aussi eu un impact sur les personnes accompagnées. Les voir évoluer, se transformer, gagner en légitimité et en posture a été important. Ce sont des expériences qui ancrent quelque chose : une confiance, une légitimité, une manière d’être dans sa pratique.
Un message pour celles et ceux qui hésitent
La question posée ensuite est simple : s’il y avait un message à transmettre aux personnes qui envisagent de rejoindre ce type de parcours, quel serait-il ?
La réponse est claire : si l’envie est là, c’est le moment d’y aller. Il ne s’agit pas forcément de se sentir prêt. Ce n’est pas une question de préparation parfaite ou de certitude absolue. Le vrai point de départ, c’est l’envie, et surtout l’envie d’en faire quelque chose.
Bien sûr, il faut aussi que l’espace soit juste, que la manière dont les choses se déroulent convienne. Mais si l’appel est là, si quelque chose se manifeste intérieurement, alors il faut le suivre. C’est une invitation à écouter l’appel de son cœur et de son âme.
Le déclic pour rejoindre le parcours
La discussion se poursuit autour du déclic : qu’est-ce qui a donné envie de rejoindre ce programme ou cette communauté ?
La réponse montre qu’il y avait déjà quelque chose d’installé depuis longtemps. Une intention était là. Dès l’été 2020, l’idée d’ouvrir une boîte autour de la partie coaching avait été évoquée. Puis ce webinaire est arrivé, comme une manifestation concrète de cette intention.
Ce qui a vraiment déclenché l’envie, c’est l’approche structurée, mais aussi — et peut-être surtout — la dimension yin. Il y avait un besoin de travailler cette partie-là depuis longtemps, et aussi l’envie d’introduire davantage de yin dans l’entreprise.
Cette remarque ouvre une réflexion plus large : très souvent, le coaching est perçu comme quelque chose de solaire, de très yang, lié à la performance, au dépassement, à l’action. Cela vient en partie de son histoire : le coaching sportif, le coaching mental, la recherche de performance. Il a longtemps été associé à l’idée de pousser, de performer, d’atteindre des résultats.
Mais cette approche peut parfois se faire au détriment de l’humain. Aujourd’hui, les entreprises évoluent et comprennent de plus en plus que la performance ne peut pas se construire sans prendre en compte l’humain. L’humain n’est pas un détail secondaire : il est au cœur du mouvement.
Le yin, le soin et la régulation
Ce retour sur la dimension yin est précieux. Ce qui apporte cette qualité dans l’accompagnement, c’est notamment tout un bagage lié à la psychanalyse, à la psychopratique, à l’analytique, et plus largement au travail de guérison.
Pendant des années, la guérison a occupé une place importante dans le parcours de l’accompagnante. C’est devenu une partie de son histoire, presque une marque de fabrique. Cela donne aux coachings une dynamique particulière : un équilibre entre le moment où il faut challenger, pousser, activer, et le moment où il faut réguler, accueillir, processer et libérer.
Ce feedback est donc reçu comme quelque chose d’important. Il permet de mieux comprendre ce qui est perçu dans l’accompagnement : une capacité à tenir ensemble le mouvement vers l’action et le respect des rythmes intérieurs.
L’équilibre entre yin et yang
La personne qui témoigne explique qu’elle était justement venue chercher cela. Elle avait déjà expérimenté d’autres coachs, était retournée voir certains d’entre eux récemment, et ressentait le besoin de petites “piqûres de rappel” à la fois dans le yin et dans le yang.
Elle observe que dans certains espaces très yin, notamment dans la gestion de projet, il peut parfois manquer des actes posés, de l’action, du yang. Dans ces cas-là, il devient nécessaire de revenir vers une dynamique plus yang. Mais l’enjeu reste toujours le même : garder l’équilibre.
Cet équilibre est très situationnel. Dans sa propre pratique, elle a travaillé sur des tests de personnalité et se reconnaît beaucoup dans le management situationnel. Cela l’a amenée à comprendre que l’humain est mouvant, parfois volatil, parfois incertain. Il est donc essentiel de pouvoir s’adapter à la personne qui se présente, à là où elle en est, et de l’accompagner vers une trajectoire qui lui appartient.
Cette logique vaut aussi bien pour les individus que pour les groupes. Dans son travail, elle accompagne également des groupes de personnes sur les transformations que l’entreprise amène. Là encore, il ne s’agit pas d’imposer une direction, mais de partir de ce qui est là, pour permettre au mouvement juste d’émerger.
Le coaching comme miroir, pas comme influence
La conversation insiste ensuite sur une distinction importante : le coaching n’est pas de l’influence. Aujourd’hui, notamment sur les réseaux sociaux, le coaching peut parfois prendre cette tournure : “il faut faire ceci”, “cela donne tel résultat”, “applique cette méthode et tu obtiendras cela”.
Mais ce n’est pas cela, le coaching. Une méthode peut fonctionner pour certaines personnes et pas pour d’autres. Il ne devrait pas y avoir une logique d’influence ou d’imposition. Il devrait plutôt y avoir une capacité à permettre à l’autre de se rencontrer lui-même, comme dans un miroir, et de s’approcher davantage de ce qui est juste pour lui.
Dans cette perspective, les notions de masculin et de féminin, de yin et de yang, deviennent intéressantes. Elles permettent de penser une posture qui s’ajuste en fonction des espaces, des personnes, des saisons et des dynamiques du moment.
Par exemple, à certains moments, on est davantage dans une dynamique de libération, de relâchement, de nettoyage. À d’autres moments, on passe au contraire dans une dynamique d’activation, de reprogrammation, de mise en mouvement. Ce sont des énergies très différentes, et c’est justement leur alternance qui montre la globalité de l’approche.
Clôture du témoignage
La conversation se termine sur des remerciements. Le témoignage est reconnu comme précieux, parce qu’il permet de montrer la pluralité des personnalités, des profils et des projets qui peuvent se construire à partir de parcours très différents.
Il est important que les personnes puissent voir d’où viennent les autres, quelles histoires les ont façonnées, et vers quoi elles se dirigent aujourd’hui. Cette diversité est riche, inspirante, et elle donne de la profondeur au parcours collectif.
Les participantes se remercient chaleureusement, se souhaitent une belle soirée, et se donnent rendez-vous pour la suite. Un dernier merci est adressé aux personnes qui sont restées jusqu’au bout, avec l’annonce que la suite aura lieu le lendemain pour de nouvelles aventures.
Partie 2 — Première moitié : émotions, process et libération
Accueil et mise en place
Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue pour cette deuxième soirée. Il y a eu un petit bug de lien au dernier moment, mais tout semble maintenant résolu. La technologie, c’est fantastique… jusqu’à ce que ça décide de ne pas fonctionner. Mais les participantes sont là, c’est le principal, et la séance peut commencer.
L’intervenante attend encore quelques instants que tout le monde arrive et que la technique soit bien réglée. Des personnes se connectent depuis Strasbourg, depuis le Sud et depuis différents endroits. Cette soirée est annoncée comme une soirée autour des émotions, de la deuxième étape de l’approche : la libération, le process.
Elle ne sait pas si tout le monde était présent la veille, ni si tout le monde a déjà vu le replay. Ce n’est pas grave. La séance commence par une pratique d’intégration de ce qui s’est produit le jour précédent : les prises de conscience, les blocages déposés, tout ce qui a pu émerger. Les participantes sont invitées à s’installer dans un endroit propice à la réceptivité.
L’objectif de cette approche n’est pas seulement de transmettre des informations. Il s’agit aussi de permettre aux personnes d’intégrer ce qu’elles vivent. Pour celles qui n’ont pas encore vu le replay du premier jour, l’intervenante recommande de le regarder, car il est riche et permet de comprendre le cheminement global, notamment au niveau de la neurobiologie et du fonctionnement humain.
Pratique d’intégration du jour 1
La pratique commence. Les personnes présentes sont invitées à se reconnecter à ce qui s’est passé la veille, à ce qu’elles ont vécu et à ce qu’elles ont déposé. Celles qui n’étaient pas là peuvent simplement se concentrer sur ce qui les limite aujourd’hui, sur ce qui les empêche d’avancer, de lancer leur activité ou d’incarner l’activité qu’elles désirent.
L’intervenante propose d’expérimenter d’abord, puis d’expliquer ensuite. Elle demande de placer les mains derrière la tête, les doigts entrelacés, comme pour soutenir l’arrière du crâne. Le travail se fait avec le système nerveux, notamment par une stimulation du nerf vague.
Les deux pieds sont posés au sol, les voûtes plantaires ancrées. La pratique peut aussi se faire debout. Les ischions reposent sur la chaise, les épaules se relâchent loin des oreilles. Les mains sont derrière la tête, au niveau de l’occiput. Le nerf vague est présenté comme un nerf très étendu du corps, relié à de grandes fonctions vitales, jouant un rôle important dans la régulation du système nerveux, la fenêtre de tolérance et la sécurité intérieure.
La tête reste fixe du début à la fin. Le regard est droit devant. Les participantes prennent de grandes respirations complètes : inspiration par le ventre, ouverture de la cage thoracique, légère élévation des clavicules, puis expiration en relâchant d’abord le haut du corps, puis le ventre, en laissant le nombril revenir vers la colonne. L’objectif est de mobiliser toute la capacité respiratoire, pas seulement le ventre.
Les yeux se ferment quelques instants. Chacune se reconnecte à ce qui s’est produit la veille : les premiers mots, les intentions, les blocages, les prises de conscience, peut-être une musique, un échange, un moment qui a touché. Pour les personnes qui n’étaient pas là, il s’agit de se connecter au “pourquoi” de leur présence : qu’est-ce qu’elles viennent chercher ? Y a-t-il un blocage particulier, une difficulté ?
La pratique continue avec des mouvements oculaires. La tête reste fixe. Le regard se tourne vers la gauche, comme si l’on cherchait à regarder son coude gauche, puis vers la droite. L’objectif est de travailler le nerf vague, le système nerveux, le relâchement et l’intégration. Des bâillements, des sensations de relâchement ou des micro-mouvements peuvent apparaître. Il n’y a rien à faire, simplement à ressentir.
Les participantes reviennent ensuite au centre, puis font le tour du cadre avec les yeux, comme si elles dessinaient un grand cercle devant elles. Elles relâchent ensuite les bras et respirent profondément. Ce protocole est présenté comme une pratique simple de régulation et d’intégration, combinant mouvement des yeux, système nerveux et information de sécurité envoyée au cerveau : “c’est sécurisé, tu peux enregistrer”.
La deuxième étape : le process
Après cette pratique, l’intervenante partage son écran et introduit la deuxième étape de l’approche : le process, c’est-à-dire le processus de libération.
Pour devenir qui l’on veut devenir, pour accompagner ses clients, il faut qu’il y ait de la place. Si le système nerveux est saturé, il ne peut pas recevoir de nouvelles informations. Si, dans la vie actuelle, chaque message, chaque facture ou chaque demande supplémentaire provoque un soupir ou une tension, cela signifie que le système est déjà saturé.
La vie ne donne pas beaucoup plus que ce que l’on peut tenir. Si une personne est déjà épuisée par sa vie actuelle ou par le nombre de clients qu’elle accompagne, il est peu probable qu’elle puisse recevoir davantage sans s’effondrer. C’est souvent le cas chez des thérapeutes ou accompagnants qui finissent épuisés, parce qu’ils soutiennent des clients qui reviennent sans cesse, parfois sans vouloir réellement guérir, mais plutôt en cherchant une épaule. Ces praticiens prennent trop de responsabilités à la place de leurs clients.
Pour recevoir du nouveau, il faut donc faire du vide. Comme dans une maison encombrée, il faut trier, dégager de l’espace, enlever ce qui n’est plus nécessaire. L’être humain fonctionne de la même manière. Les lois du vivant s’appliquent à petite et à grande échelle.
Cette seconde étape consiste donc à apprendre à faire de la place. Elle aborde les émotions, leur importance dans la régulation et dans le process, ainsi que des pratiques de libération. L’intervenante annonce aussi un outil central : la pyramide du décodage humain, créée pour analyser profondément ce qui se joue chez une personne et ajuster l’accompagnement.
Hier, la séance était centrée sur la régulation. Aujourd’hui, elle entre dans la saison de la libération. L’objectif est de comprendre comment accompagner les clients à travers ces différentes saisons et apprendre à repérer où ils se trouvent pour adapter les outils.
Le principe du process
Le process s’appuie sur la loi du vide. À un moment donné, un individu peut saturer : trop d’informations, trop de charges émotionnelles, trop de données que le cerveau et le système nerveux ne peuvent plus digérer. On ne peut pas accompagner une personne saturée comme une personne disponible, stable, prête à s’activer ou à lancer de nouveaux projets. Tout dépend de sa disponibilité émotionnelle et nerveuse.
Le process n’est pas simplement du coaching. C’est une approche psychothérapeutique permettant de libérer des charges émotionnelles et parfois des traumas. Accompagner quelqu’un sans bases de psychologie ou de psychothérapie peut être dangereux. Il faut connaître le fonctionnement de la psyché, du cortex préfrontal, des mécanismes de protection, des traumas et de la mémoire corporelle.
Dans un accompagnement, certaines personnes peuvent être challengées, et cela peut révéler des blessures profondes, des charges émotionnelles enfouies ou des traumas. Or un trauma ne se libère pas sur commande. Ce n’est pas le mental qui décide. Le trauma est du vivant.
Un trauma est une charge émotionnelle restée figée dans le corps. C’est une mémoire. Si elle n’a pas été libérée au moment de l’événement, c’est parce que l’intensité était trop forte pour être digérée. Le cerveau n’a pas pu traiter l’information et la charge s’est figée dans un muscle, un fascia, un organe ou une zone du corps.
Le trauma n’est pas forcément spectaculaire. Il peut être lié à une différence de perception, à un besoin non accueilli, à une attente déçue, ou même à quelque chose que l’on a fait subir à quelqu’un. Dans tous les cas, c’est une charge qui reste dans le corps.
Le jour où le corps dispose de la sécurité émotionnelle, nerveuse et relationnelle nécessaire, cette mémoire peut ressortir. Ce n’est donc pas une décision mentale. C’est le corps qui ouvre la porte, lorsqu’il y a suffisamment de confiance, de co-régulation et de cadre. C’est pourquoi il faut des outils adaptés.
Cette double casquette — travailler à la fois sur le passé, la racine et la cristallisation émotionnelle, mais aussi sur le présent et le futur — permet de mieux distinguer coaching et thérapie. Quand on travaille sur le passé, cela impacte le présent. Et lorsque le présent change, la projection vers le futur devient plus fluide.
La carte d’identité de l’émotion
Pour comprendre le process, il faut comprendre l’émotion. Étymologiquement, l’émotion est de l’énergie en mouvement. Elle n’est pas censée se figer dans le corps. Elle se fige lorsque l’on n’a pas pu la mouvoir, la libérer ou l’exprimer.
L’émotion est une capacité d’expression de soi. Quand elle est refusée ou refoulée, elle persiste. Tout ce à quoi l’on résiste persiste. Si l’expression circule, l’énergie circule. L’émotion est l’expression du vivant.
Mais si l’on a appris qu’il était dangereux de dire non, que cela provoquait des conséquences trop fortes, on s’adapte. On retient l’émotion. Elle se bloque et empêche la force de vie de circuler librement.
Cette énergie vitale, peu importe le nom qu’on lui donne, traverse le corps. Si une émotion est figée dans un organe, un muscle ou une zone du corps, cette énergie circule moins bien. On peut alors se sentir fatigué, plombé, bloqué, sans comprendre pourquoi.
Pour accompagner cela, il faut l’avoir expérimenté soi-même. Il faut aussi des outils et des connaissances que beaucoup d’accompagnants n’ont pas toujours.
Première étape : la reconnaissance
La première étape du process est la reconnaissance : mettre des mots sur ce qui se joue. Qu’est-ce qui existe à l’intérieur de moi ? Que se passe-t-il dans mon corps ? Quelles sensations sont présentes ?
Il peut y avoir une douleur à la hanche, des palpitations, une boule dans la gorge, une tension, une fatigue, un mal de tête. La reconnaissance consiste à prendre en compte ces sensations et ce qui se joue intérieurement. Ensuite vient la capacité à l’exprimer.
Si je ne reconnais pas, je renie. Et si je renie, le reste du processus s’écroule. Beaucoup de personnes sont complètement déconnectées de leur corps et de leurs sensations. C’est aussi pourquoi certaines se détournent du coaching uniquement mental. Le mental est important, mais s’il laisse de côté le corps, le système nerveux et la régulation, il manque une dimension essentielle.
Les messages du corps sont des messages de l’âme. Les sensations sont des messages de l’être pour permettre un réajustement. Chaque émotion répond à un besoin et transmet un message essentiel.
L’intervenante donne l’image d’un enfant seul au bord de la route, en train de pleurer. La plupart des gens s’arrêteraient pour l’aider. Mais faisons-nous la même chose avec les parties de nous qui pleurent, qui souffrent, qui appellent ? Il ne s’agit pas de s’identifier totalement à l’émotion, mais de reconnaître qu’une partie de soi vit quelque chose.
La première étape est donc de s’arrêter et de se demander : qu’est-ce qui se passe là ? Qu’est-ce qui est en train de se jouer ? Qu’est-ce que je ressens vraiment ?
Le cerveau, l’évitement et la dissociation
Le cerveau n’aime pas l’inconfort. Lorsqu’il détecte une zone inconfortable, il cherche à l’éviter. La rumination, l’intellectualisation et le fait d’être constamment dans la tête sont souvent des symptômes d’un refus de ressentir. Le cerveau perçoit trop d’intensité émotionnelle dans le corps, alors il monte dans le mental, où il se sent efficace et protégé.
Ce sont des mécanismes de dissociation ou de pré-dissociation. Un praticien doit apprendre à les reconnaître. Une bonne séance ne se mesure pas forcément à l’expression émotionnelle. Tout dépend de la saison dans laquelle se trouve le client.
Si le client est dérégulé, dissocié ou en insécurité, il aura d’abord besoin de régulation. On ne cherche pas à libérer une charge tout de suite. On crée d’abord de la sécurité par la posture, le cadre et les outils. Une fois la personne régulée, elle peut basculer vers la libération parce qu’elle se sent suffisamment en sécurité.
Certaines personnes arrivent déjà disponibles et peuvent entrer plus vite dans la libération. Mais cette libération demande toujours une vraie sécurité intérieure et une co-régulation. Il est donc faux de croire qu’une bonne séance doit forcément provoquer de grandes larmes ou une explosion émotionnelle. Certaines transformations profondes se vivent sans manifestation spectaculaire.
Les émotions : cœur du vivant
Les émotions sont le cœur du vivant. Un être humain régulé n’est pas quelqu’un qui ne ressent plus rien. C’est au contraire quelqu’un qui peut vivre pleinement sa colère, sa tristesse, sa sensibilité, sans être débordé ou activé en permanence.
La régulation ne signifie pas devenir neutre, lisse ou au-dessus de tout. Elle signifie pouvoir exister dans toutes ses dimensions, prendre du recul lorsque c’est nécessaire, mais sans refuser l’expression du vivant.
Dans cette approche, le ressenti n’est pas mis de côté. Il y a des techniques, mais aussi une capacité à laisser être le vivant, à faire confiance à ce qui se manifeste. Avec le temps, le praticien apprend à sentir où aller, quelle question poser, quel protocole utiliser, comment ouvrir de l’espace.
La reconnaissance reste la première étape. Sans reconnaissance, il ne peut pas y avoir de transformation. Certaines personnes veulent rester dans la joie et refusent leur colère, leur tristesse ou leur peur. Mais nous ne sommes pas faits pour être dans la joie tout le temps. Refuser une partie de son humanité revient à nier une partie de soi.
Émotions miroirs et couches émotionnelles
L’être humain est complexe. Une émotion peut en cacher une autre. La première émotion qui apparaît n’est pas toujours la plus profonde : elle peut être une protection, une couche posée sur une émotion plus intime.
L’intervenante donne un exemple personnel. Enfant, lorsque son père insistait pour qu’elle sorte alors qu’elle se sentait fatiguée, elle finissait par se mettre en colère. Mais l’émotion profonde n’était pas la colère. C’était la tristesse de ne pas être écoutée dans son besoin. La colère venait protéger cette tristesse.
En accompagnement, si l’on traite uniquement la première émotion, on reste en surface. Ce qui libère vraiment, c’est d’aller chercher l’émotion plus profonde, celle qui a été cachée ou mise de côté parce qu’elle gênait. Sinon, la problématique ressortira ailleurs.
Deuxième étape : l’acceptation
Après la reconnaissance vient l’acceptation. Reconnaître quelque chose ne suffit pas si l’on dit ensuite : “Je vois bien que c’est là, mais je m’en fiche, je n’ai pas le temps, il faut avancer.” Le premier levier du changement est l’acceptation.
Accepter ne veut pas dire se résigner. Cela veut dire reconnaître pleinement ce qui est, pour pouvoir ensuite le transformer. L’intervenante prend l’exemple de certaines personnes qui font de la chirurgie esthétique ou qui perdent beaucoup de poids, mais continuent à se percevoir comme avant. Elles ont voulu changer sans intégrer l’état de départ. L’inconscient n’a pas mis à jour l’identité.
Dans toute transformation, accepter l’état initial est indispensable.
Troisième étape : l’investigation
Après l’acceptation vient l’investigation : comprendre. Mais beaucoup de personnes intellectualisent leurs émotions. Elles pensent que comprendre suffit à transformer. Or ce qui n’a pas été ressenti va se reproduire.
Il faut d’abord laisser le corps exprimer la charge émotionnelle. Ensuite seulement, les mots, la compréhension et l’intégration peuvent venir. Il y a un ordre dans le process.
Nourrir, apaiser et répondre au besoin
Chaque émotion porte un besoin. Dans chaque blessure, chaque expérience de vie, chaque charge émotionnelle, il y a un besoin profond qui demande à être reconnu, satisfait, nourri.
La colère peut cacher un besoin de limites, de repos, de respect, de protection. L’objectif est d’apprendre à communiquer avec les émotions comme on communiquerait avec un enfant seul au bord de la route : “De quoi as-tu besoin ? Est-ce que ça va ?”
Dans cette approche, on vient répondre à ces besoins intérieurs. C’est le reparentage : restructurer intérieurement l’être pour que la personne puisse se re-parenter elle-même, répondre à ses besoins et devenir autonome.
Nourrir et apaiser peut prendre des formes très simples : boire, se couvrir, respirer, faire un geste de réconfort, poser une action symbolique. C’est une mise en mouvement qui part de l’intérieur vers l’extérieur.
Transformer la perception de la blessure
L’étape suivante consiste à transformer la perception de la blessure. Il ne s’agit pas de nier la souffrance, mais de ne pas laisser le cerveau associer uniquement l’expérience à une charge négative.
Chaque événement a deux polarités : la polarité de la souffrance, et une polarité de ressource souvent invisible au départ. Transformer la perception, c’est chercher ce que l’événement a construit, ce qu’il a permis de développer, quelle force, quelle résilience, quelle vision il a fait naître.
L’intervenante donne l’exemple de la perte de ses grands-parents lorsqu’elle était jeune. Cette perte a été très douloureuse. Pendant longtemps, elle ne pouvait pas y penser sans pleurer. Mais avec le temps et le travail intérieur, elle a vu que cette expérience avait aussi développé en elle de l’autonomie, une capacité à s’appuyer sur elle-même, une force intérieure, une foi.
Transformer la perception de la blessure, c’est extraire l’essence, le nectar : non pas pour nier la douleur, mais pour changer de polarité et libérer de l’énergie vitale.
Biais du négatif et conditionnement
Une question est posée : le cerveau ne retient-il pas plus facilement le négatif que le positif ? L’intervenante nuance. Pour elle, il y a surtout beaucoup de conditionnement culturel. Nous sommes élevés dans une culture orientée vers le négatif, les informations anxiogènes et la peur.
Il existe bien des biais cognitifs, comme le biais de confirmation. Si l’on se répète que l’on ne va pas y arriver, on repère tout ce qui confirme cette croyance. Mais si l’on décide de voir ce qui soutient la possibilité de réussir, le cerveau peut aussi s’orienter autrement.
Il est donc essentiel de rééduquer le mental, le corps et l’esprit. Pendant le Covid, beaucoup de personnes ont été happées par un égrégore de peur, ce qui a activé des mémoires d’insécurité et fragilisé les systèmes nerveux. D’où l’importance de comprendre les émotions, les traumas et la régulation.
Partie 2 — Seconde moitié : corps, loi du vide, pratique et application professionnelle
Les émotions comme boussole
L’avantage de tout ce travail, d’abord, c’est la connaissance. Quand on comprend comment fonctionnent le psychisme, la physiologie et la biologie, on devient beaucoup plus capable d’avancer. Dans tout ce que l’on vit au quotidien, il y a un enseignement à tirer. Il y a quelque chose de plus grand.
L’intervenante explique qu’elle est très ancrée, qu’elle aime la science, mais qu’elle est aussi très spirituelle et l’assume pleinement. Elle croit profondément que rien n’arrive contre nous : tout arrive pour nous. Notre rôle est de développer notre capacité à voir, derrière chaque situation, le message, ce que cela vient nous apporter, ce que cela vient nous apprendre et comment cela peut nous faire grandir.
Transformer le plomb en or, c’est parvenir à trouver dans chaque difficulté une ressource, une croissance, une information. Même lorsque le ciel semble tomber sur la tête, le niveau de sécurité intérieure peut rester fort. C’est ce qui compte le plus.
Les émotions sont souvent des messages cachés de blessures passées. Elles ne sont pas toujours liées au présent. Elles sont parfois des mémoires qui se réactivent et se projettent dans une situation actuelle. Les émotions sont donc une boussole : lorsqu’on apprend à les lire, on comprend ce qui se joue.
Quand on parle d’alignement, on parle aussi de cette faculté à observer ce qui se passe à l’intérieur. Une personne régulée, avec une sécurité intérieure solide, peut entendre des messages plus subtils, être au contact de ses émotions et voir ce qui se joue à une échelle plus grande. À l’inverse, une personne dérégulée vit souvent un chaos intérieur : trop d’émotions, trop de mélanges, trop de charges non processées.
Chaque émotion porte un besoin sous-jacent. Utilisées intelligemment, les émotions permettent de se réaligner. Subies, elles créent du tumulte.
Réhabiliter l’expression émotionnelle
La présence d’une émotion est un indicateur fort. Elle montre qu’on touche quelque chose, qu’une porte s’ouvre. Mais il ne faut pas rester coincé dans l’émotion elle-même : il faut l’accompagner.
Nous avons grandi dans un monde où les émotions étaient souvent perçues comme malsaines ou mal vues. Historiquement, le mot “hystérique” a été associé aux femmes, parce que leur intensité émotionnelle dérangeait. Pourtant, exprimer une émotion est une décharge naturelle du système.
Une émotion est une décompensation physiologique et mécanique du système nerveux. Si l’on vit quelque chose de difficile et que rien ne sort, cela reste dans le corps. L’expression émotionnelle est donc un signe de vivant.
Le développement personnel véhicule parfois l’idée que si l’on est “trigger”, c’est que l’on a un problème. L’intervenante nuance : tout dépend de la fréquence et du contexte. Nous ne sommes pas faits pour être lisses, neutres ou toujours gentils. Nous sommes faits pour ressentir.
Il vaut mieux que l’émotion sorte plutôt qu’elle reste à l’intérieur. Elle peut sortir par le cri, le mouvement, le corps, les outils proposés dans la maison. Le “trigger” n’est pas un gros mot : c’est un indicateur.
La loi du vide et la nécessité de faire de la place
Cette deuxième étape est fondée sur une loi universelle du vivant : la loi du vide. Dans la nature, il y a des saisons. Avant le printemps, la nature perd ses feuilles, laisse mourir une partie de sa structure et fait de l’espace. Puis la sève remonte, les bourgeons apparaissent et les fleurs arrivent.
Les humains ne prennent pas assez le temps de se délester. Tout est rempli. Or comment créer du neuf s’il n’y a plus de place ? Dans la transformation, c’est pareil. Pour accueillir de nouvelles choses, il faut préparer le terrain.
Si l’on veut planter une graine — la graine du changement, de sa vie idéale — il faut préparer la terre. On ne plante pas dans un terrain envahi de mauvaises herbes. On enlève d’abord ce qui parasite, on aère, on nourrit. Ensuite seulement, on plante.
Un terrain non préparé peut donner quelques résultats, mais ils ne durent pas. Le système ne peut pas les tenir. Beaucoup de personnes ont trois mois d’élan, puis reviennent à leur ancien fonctionnement. C’est pourquoi la préparation intérieure est essentielle.
Chaque grande étape de l’accompagnement est fondée sur une loi biologique du vivant. La régulation du système nerveux s’appuie par exemple sur la loi du rythme : chaque personne a son rythme. Le danger est de calquer son rythme sur une tendance, une stratégie ou sur le rythme du coach. L’accompagnement doit respecter la singularité de chaque personne.
Le corps comme lieu de mémoire
Une erreur fréquente consiste à croire que la douleur et les mémoires émotionnelles se trouvent seulement dans le cerveau. Le cerveau participe, mais la mémoire est dans le corps.
Cela signifie qu’on ne peut pas travailler uniquement par la rationalisation ou l’intelligence mentale. Il faut passer par le corps, aller dans les mémoires profondes, changer la structure et libérer. Comprendre mentalement n’est pas intégrer. Dire “j’ai compris” ne signifie pas “j’ai intégré”.
L’inconscient ne parle pas le langage rationnel. Il fonctionne de manière symbolique, imagée, corporelle. C’est pourquoi les métaphores, les symboles, le langage du corps et les ressentis sont essentiels.
Le travail psychosomatique consiste à réinformer le corps, à sortir des boucles du passé. Tant que le corps n’est pas réinformé, on peut faire du mindset, de la pensée positive ou de la compréhension intellectuelle, mais cela ne tient pas.
Le protocole de départ : nettoyer avant de construire
Dans la maison, il existe un protocole de départ en plusieurs étapes. Souvent, lorsqu’une personne entre dans un nouveau projet, elle essaie de se débloquer avec la même énergie que celle qui a créé le blocage. Elle avance avec la même structure intérieure que celle qui l’a enfermée. Cela ne fonctionne pas.
Le protocole sert à déconstruire ce qui a été appris jusqu’ici et à passer en revue les différentes dimensions de l’être. C’est une sorte de grand nettoyage de printemps intérieur. On regarde ce qui a conduit à la situation actuelle, puis on remet de l’intentionnalité : veut-on garder ces pensées, cette identité, ces loyautés familiales, ces émotions refoulées, ces objets, ces liens, ces habitudes ?
Ce nettoyage peut aussi passer par le concret. De vieux objets, des affaires d’un ex, des éléments chargés émotionnellement peuvent maintenir des liens invisibles, des loyautés ou des attaches. Symboliquement, cela influence l’identité, l’énergie et la disponibilité intérieure.
Un exercice ancien consistait à utiliser un carton pour y déposer symboliquement ce qui représentait les liens, les charges et les attachements à libérer. Pendant quinze jours, ce carton servait de support de projection pour faire remonter les émotions associées. L’objectif n’était pas de forcer, mais de faire émerger ce qui devait l’être.
Ce protocole permet de faire un bilan : si j’ai créé cela, alors je peux créer autre chose. Il remet la personne dans sa responsabilité et l’aide à voir ce qui la sert encore et ce qui la dessert.
Plaisir, énergie vitale et mission
Le plaisir génère de l’énergie vitale. Il ne s’agit pas seulement d’un plaisir superficiel, mais de la capacité à habiter son corps, à ressentir les sens, l’air sur la peau, la chaleur, les sensations simples. Le corps est fait pour ressentir, savourer, vivre.
Nous nous sommes éloignés du vivant. Nous sommes souvent en mode survie : faire, avancer, tenir. Mais nous sommes des êtres vivants, faits pour vivre dans l’exaltation du vivant, dans toute la palette émotionnelle et sensorielle.
Il y a aussi la dimension de l’âme, de la mission, du dharma. Dans certaines traditions, le dharma représente la mission de l’âme. Si les participantes sont présentes, c’est probablement qu’il y a chez elles quelque chose autour de la contribution à l’humain, de l’accompagnement, du soin ou de la transmission.
Si l’âme n’est pas nourrie, il manque toujours quelque chose. On peut travailler sur soi, développer son potentiel, mais il reste ce besoin de contribuer à quelque chose de plus grand. Chaque personne a une place, une contribution, un effet papillon.
Les relations comme étapes d’évolution
Certaines relations soutiennent une étape de notre parcours. Elles apportent une ressource à un moment donné, puis se transforment ou se terminent lorsque cette ressource est intégrée.
Une relation peut être passagère et pourtant essentielle. Elle peut offrir une sécurité, une prise de conscience, une ressource. Puis il devient juste de passer à autre chose. La communauté joue ici un rôle important : être entouré de personnes qui incarnent d’autres possibles montre au système nerveux que ces possibles existent.
Grâce aux neurones miroirs et à la modélisation, le système nerveux intègre de nouvelles références. Voir d’autres personnes vivre autrement, se positionner autrement, penser autrement, rend cela plus accessible pour soi.
Pratique de libération émotionnelle
L’intervenante propose ensuite une pratique de libération émotionnelle. Elle peut se faire allongé ou assis. L’important est de garder les pieds ancrés au sol, de sentir les talons et le contact avec la terre.
Les participantes s’installent confortablement, relâchent le dos, les épaules, les bras. Elles inspirent par le nez et expirent par la bouche. La respiration monte jusqu’au sommet du crâne, puis descend jusqu’aux orteils, comme si elle venait visiter chaque espace du corps.
À chaque inspiration, elles sentent qu’elles s’agrandissent et prennent de l’espace. À chaque expiration, elles se déposent davantage dans le corps.
Elles sont ensuite invitées à se connecter à une sensation présente : un espace inconfortable, contracté, tendu, une émotion, ou une situation récente qui a déclenché quelque chose. Il ne s’agit pas de changer cette sensation, mais d’être avec elle.
Où s’exprime-t-elle ? Dans la gorge, le ventre, la poitrine, la tête ? A-t-elle une forme, une couleur, une texture, une densité ? Il s’agit de lui donner une existence intérieure et de la reconnaître.
Puis les participantes imaginent qu’elles peuvent extraire cette forme du corps. Elle sort et se place au-dessus ou devant elles. Elle existe toujours, mais elle n’est plus à l’intérieur. À l’expiration, elles peuvent la faire disparaître comme cela leur convient : dissolution, évaporation, feu, vent, geste des mains. Elles remercient cet espace pour ce qu’il a apporté ou tenté de protéger, puis reconnaissent qu’elles n’en ont plus besoin.
Après chaque processus, il est important d’intégrer. Cela peut passer par un mot dans le chat, un partage, une phrase écrite ou une action simple. Même une petite action permet d’ancrer la transformation.
Retours après la pratique
Certaines personnes ressentent plus de calme, plus d’espace, un apaisement dans la tête ou dans le corps. Même si la pratique n’a pas été poussée très loin, elle peut déjà créer une décharge.
Une participante partage qu’elle avait mal à la tête et qu’elle sent quelque chose se restructurer. Une autre parle d’un plastron au niveau de la cage thoracique, puis d’une sensation de vide et d’espace. C’est précisément l’objectif : permettre aux organes et aux espaces internes de retrouver leur place.
Chaque organe a son fonctionnement, son espace de conscience. Quand on est surchargé, les organes ne communiquent plus correctement entre eux. Quand une charge se libère, quelque chose peut recommencer à circuler.
Une autre personne dit qu’elle arrive mieux à déglutir et qu’elle a envie de chanter. Le chant est présenté comme excellent pour activer le nerf vague et réguler le système nerveux.
La pyramide de décodage de l’être
Le corps envoie des messages. Lorsque l’on vit quelque chose, il communique. Le corps d’un client communique aussi. Savoir décoder ces messages est essentiel.
L’intervenante présente une pyramide de décodage de l’être. Ce soir, le travail a surtout porté sur la partie émotionnelle. D’autres dimensions seront abordées ensuite : physique, biologique, physiologique, puis les autres strates.
Cette pyramide permet de lire profondément ce qui se joue chez une personne, parfois avant même qu’elle ne parle. Elle compile l’analyse comportementale, le profilage, la psychomorphologie, l’observation du non-verbal, du paraverbal, de la posture, des gestes, des habitudes, de la respiration, de l’environnement et des dynamiques systémiques.
Il ne s’agit pas de traiter deux personnes de la même façon parce qu’elles ont la même problématique. Elles n’ont pas la même histoire, la même physiologie, le même système nerveux, les mêmes blessures ni les mêmes ressources. Il faut adapter les outils à la personne, à sa saison, à son état physiologique.
Observer la posture, la respiration et le non-verbal
La posture est une clé clinique majeure. Est-elle ouverte, fermée, effondrée, tendue ? Le buste est-il en protection ? Les épaules sont-elles rentrées ? Le corps prend-il de la place ou cherche-t-il à disparaître ?
Le langage non-verbal, le paraverbal, les gestes, les micro-mouvements, les habitudes et les comportements donnent des informations essentielles. La respiration est également un indicateur majeur : est-elle diaphragmatique ou thoracique ? La personne respire-t-elle pleinement ou seulement en surface ? Le ventre bouge-t-il ? Le diaphragme est-il mobilisé ?
La couleur de peau, le flux sanguin, les micro-tremblements, l’oxygénation, les réactions cutanées, les traits du visage, les rides et les tensions parlent de l’état du système nerveux et de la neurophysiologie. Le corps parle avant les mots.
C’est essentiel, car beaucoup de personnes sont déconnectées de leur corps, de leurs émotions et de leurs ressentis. Si l’on ne sait pas lire le corps, on risque de rester au niveau mental, du discours et du mindset. Or c’est souvent là que l’accompagnement ne fonctionne pas.
Un coach doit avoir plusieurs coups d’avance. Il doit lire ce qui se joue entre les lignes, observer les mécanismes de protection, les mécanismes de défense et comprendre ce qui se cache derrière.
L’identité comme somme de toutes les dimensions
La pyramide permet de décoder l’être dans sa globalité. Chaque strate correspond à une dimension : le corps, les émotions, les comportements, les relations, l’environnement, les systèmes d’influence, l’identité.
La systémique est la capacité d’un individu à s’intégrer dans différents cercles d’influence : famille, travail, organisation, communauté, environnement. Quelles dynamiques se jouent ? Quelles loyautés ? Quelles tensions ? Cette lecture est très puissante, notamment en entreprise.
Au centre, il y a l’identité. Notre identité est la somme de nos comportements, de notre verbal et non-verbal, de nos émotions, de nos relations, de notre environnement et de nos systèmes d’appartenance. C’est pourquoi l’approche travaille l’identité en profondeur.
Témoignage : appliquer l’approche en entreprise
Une participante prend ensuite la parole pour partager son expérience. Elle explique qu’elle est ravie de témoigner, notamment sur la façon dont elle a appliqué la formation dans son métier.
Elle a commencé la formation en novembre 2024, après avoir déjà expérimenté plusieurs approches autour de l’humain. Son parcours vient du monde économique, social, du business, du commerce et des achats, avec une place importante donnée au facteur humain, notamment en négociation. Elle a toujours cherché à mettre l’humain au centre.
À un moment, elle a voulu se mettre davantage au service de la transformation en entreprise. Elle travaille dans les transformations digitales et organisationnelles. On parle souvent de technologie, mais le facteur humain reste au centre. Son métier est la conduite du changement, et elle a constaté qu’il ne suffisait pas de déployer des outils de gestion de projet : il fallait accompagner les personnes de manière profondément humaine.
Elle s’est aussi intéressée aux risques psychosociaux. Accompagner le changement en entreprise, c’est éviter les risques tout en permettant aux personnes de développer leurs compétences et leur plein potentiel dans un cadre sécurisant.
À un moment, elle a senti le besoin de revenir au coaching. Elle était beaucoup dans le faire, dans les contraintes, au contact de nombreuses personnes, et elle voyait qu’il fallait aller vers des pratiques plus profondes.
Lorsqu’elle a participé à un webinaire, elle a trouvé l’approche profondément humaine et alignée avec ses attentes. Elle avait besoin de passer par ses propres transformations pour pouvoir accompagner les autres. La formation lui a permis de ressentir, de se découvrir, de partir de soi pour ensuite rayonner vers les autres.
Elle fait aussi le lien avec la loi du vide : elle connaissait déjà cette idée dans les modèles de conduite du changement, mais la formation lui a permis d’en comprendre le sens profond et de l’appliquer concrètement.
Ce qu’elle apprécie, c’est la diversité des outils, leur mise en situation et le croisement entre concepts et pratiques. Cela donne une palette large, applicable en coaching individuel comme en entreprise.
Une approche modulable selon les projets
L’intervenante souligne que ce qui l’intéresse, c’est que chacun puisse s’approprier cette richesse. L’approche peut être utilisée en entreprise, en accompagnement individuel, dans l’organisationnel, dans le collectif, selon la personnalité et le projet de chacun.
Elle a voulu créer une approche modélisable autour des lois du vivant, applicable à différents projets, structures et personnalités. La richesse vient aussi de la diversité des profils. Chacun applique la même approche à sa manière.
Certaines personnes l’utilisent en entreprise, d’autres en accompagnement individuel, d’autres en supervision. Ce n’est pas une méthode figée, mais une structure vivante qui s’incarne différemment.
Elle évoque une personne issue de la PNL qui se demandait comment intégrer tout cela dans son contexte. Finalement, elle a réussi à le faire avec sa sensibilité et son profil, au point que son entourage professionnel a remarqué la différence et qu’un poste a même été créé dans son entreprise.
Coaching, leadership et transformation en entreprise
La participante reprend la parole pour parler de l’intégration du coaching en entreprise. Il peut y avoir des résistances, notamment de la part de la direction. Quand on touche au coaching, on touche au leadership, et cela peut bousculer les hiérarchies et les repères.
Apporter ce type de pratiques dans l’entreprise est en soi un changement. On attend souvent des managers qu’ils accompagnent l’humain, alors qu’ils ne sont pas toujours équipés pour cela. Développer le leadership et le coaching devient donc précieux.
L’intervenante ajoute qu’il est essentiel de travailler son propre leadership. Si l’on arrive avec des connaissances, de l’ancrage et de la sécurité intérieure, il est plus facile de convaincre et d’emmener les autres. Si l’on arrive avec de l’incertitude ou un terrain intérieur fragile, cela se sent.
Avant de vouloir emmener les autres, il faut porter soi-même ce que l’on veut transmettre. C’est cela qui donne de la crédibilité et de la légitimité : incarner avant de transmettre.
La participante confirme que la formation lui a permis de mieux expliquer ce qu’elle percevait intuitivement, de rendre ses pratiques plus audibles pour son entourage professionnel. Elle utilise aussi des outils de facilitation, mais constate qu’il est important de comprendre comment les outils ont été conçus, dans quel cadre les utiliser et à quel moment.
Suite du programme
L’intervenante annonce que le lendemain sera consacré aux saisons du printemps et de l’été dans la transformation : l’organisation, l’activation, la plasticité et la mise en mouvement. Après avoir préparé le terrain et travaillé la libération, il s’agira de voir comment activer la transformation.
Elle rappelle également qu’il y aura des coachings en live. Les personnes qui ont candidaté doivent être présentes pour pouvoir être sélectionnées et accompagnées.